Alexis Pinturault tire sa révérence à Courchevel : David Cintract transforme une carrière d’exception en œuvre unique

15 mars 2026, Courchevel

Au lendemain de l’annonce de la retraite d’Alexis Pinturault, Courchevel choisit de rendre hommage à son champion avec un objet qui raconte toute une carrière.

La Mairie de Courchevel confie à David Cintract la création d’une œuvre unique : un casque de ski entièrement transformé par l’artiste pour retracer, en images, en chiffres et en lieux, près de deux décennies passées au plus haut niveau international.

Un casque comme une biographie.

Une pièce qui ne célèbre pas seulement une victoire, mais l’ensemble du parcours de celui qui reste l’un des plus grands skieurs français de l’histoire.

Le lendemain d’une annonce historique

Le 14 mars 2026, Alexis Pinturault réunit la presse à Courchevel, au sein de son club de toujours, pour annoncer qu’il mettra un terme à sa carrière à la fin de la saison.

Le choix du lieu possède évidemment une force particulière.

Alexis a grandi à Courchevel, appartient au Club des Sports de Courchevel et a construit une partie de son histoire sportive sur les pistes de la station. C’est également ici qu’il avait vécu, trois ans plus tôt, l’un des sommets de sa carrière en devenant champion du monde du combiné lors des Mondiaux de Courchevel-Méribel 2023.

Le lendemain de son annonce, il devait encore apparaître une dernière fois devant le public français en ouvrant le super-G de Coupe du monde disputé sur la piste de l’Éclipse.

La météo en décidera autrement : d’importantes chutes de neige conduisent à l’annulation de l’épreuve.

Mais l’hommage de Courchevel, lui, demeure.

Transformer un casque en mémoire

Pour cette création, David Cintract choisit de travailler autour de l’objet probablement le plus immédiatement associé au skieur : le casque.

Sa forme reste reconnaissable, mais sa surface devient une véritable chronologie.

David abandonne ici une grande partie des couleurs éclatantes habituellement associées au Pop Libre pour construire une œuvre dominée par le noir, le blanc, l’argent et quelques touches d’or.

Le résultat évoque presque une archive sportive gravée dans la matière.

Sur le casque apparaissent les chiffres essentiels du parcours d’Alexis, à commencer par le spectaculaire :

34 victoires en Coupe du monde.

Autour de ce nombre se déploient les lieux, les titres, les médailles et les grandes étapes de sa carrière.

Une géographie entière du ski mondial

David ne se contente pas d’aligner des trophées.

Il inscrit sur le casque les lieux qui ont construit l’histoire sportive d’Alexis :

Beaver Creek, Saint-Moritz, Åre, Cortina d’Ampezzo, Courchevel…

Chaque nom renvoie à un souvenir précis.

Beaver Creek rappelle notamment ses performances aux Championnats du monde 2015.

Saint-Moritz renvoie aux Mondiaux 2017.

Åre évoque 2019 et le premier titre mondial individuel d’Alexis en combiné.

Cortina d’Ampezzo rappelle les Mondiaux 2021.

Et Courchevel occupe évidemment une place centrale, avec le titre mondial remporté à domicile en 2023.

Le casque devient ainsi une sorte de carte du monde intime du champion : non pas une carte faite de frontières, mais de pistes, de podiums et de souvenirs.

34 victoires, 77 podiums et six globes

Les chiffres inscrits sur l’œuvre prennent toute leur mesure lorsqu’on les replace dans la carrière d’Alexis Pinturault.

En Coupe du monde, le Français termine son parcours avec 356 départs, 77 podiums et 34 victoires.

Ces succès ont été remportés dans cinq disciplines différentes : slalom géant, combiné, slalom, super-G et parallèle, une polyvalence devenue l’une de ses grandes signatures.

En 2021, il atteint le sommet en remportant le gros Globe de cristal du classement général de la Coupe du monde, ainsi que le petit globe du géant.

À celui-ci s’ajoutent quatre globes du combiné, remportés en 2016, 2017, 2019 et 2020.

Au total : six Globes de cristal, dont un général.

Aux Jeux olympiques, Alexis remporte trois médailles : deux bronzes en géant, en 2014 et 2018, et une médaille d’argent en combiné à PyeongChang en 2018.

Aux Championnats du monde, son bilan atteint huit médailles, dont trois titres : l’épreuve par équipes en 2017, puis le combiné en 2019 et en 2023.

Courchevel au centre de l’œuvre

Parmi tous les noms et toutes les dates, Courchevel possède évidemment un statut différent.

Ce n’est pas simplement l’une des stations inscrites sur le casque.

C’est le point de départ et, symboliquement, l’un des points d’arrivée.

Courchevel est la station où Alexis a grandi, celle de son club, celle où son parcours sportif et familial s’est construit, mais aussi celle où il choisit d’annoncer publiquement qu’il est temps de refermer le chapitre de la compétition.

Lors de sa conférence de presse du 14 mars, il explique être arrivé au moment où il faut « tourner la page » et passer à autre chose.

Le casque imaginé par David semble précisément répondre à cette idée.

Avant de tourner cette page, il rassemble tout ce qui y était écrit.

Un objet sportif devenu portrait

Le choix du casque possède également une valeur symbolique très forte.

Pendant toute une carrière, le casque accompagne le skieur dans les instants où le risque, la vitesse et la concentration sont maximaux.

David transforme cet objet de protection en portrait sans visage.

Il n’a pas besoin de représenter Alexis de manière réaliste pour raconter qui il est.

Les chiffres parlent.

Les lieux parlent.

Les globes, les médailles et les podiums parlent.

Sur certaines faces, une silhouette du skieur apparaît pourtant au milieu des références aux Globes de cristal, tandis que les noms des stations et les grandes lignes du palmarès encerclent progressivement toute la coque.

Le casque n’est donc plus un équipement.

Il devient une carrière condensée dans un seul objet.

Une dernière course en Norvège

L’histoire ne s’arrête pourtant pas le 15 mars à Courchevel.

Neuf jours plus tard, le 24 mars 2026, Alexis Pinturault prend le départ du géant des finales de Coupe du monde à Hafjell, en Norvège.

Le lieu possède lui aussi une dimension personnelle : Alexis est franco-norvégien par sa mère.

Pour son 356e et dernier départ en Coupe du monde, il termine à une belle 11e place après une seconde manche particulièrement réussie.

À l’arrivée, ses coéquipiers français l’attendent.

Champagne, accolades et émotion referment officiellement dix-sept années de présence sur le circuit mondial.

David Cintract et Courchevel, une histoire qui se poursuit

L’œuvre s’inscrit enfin dans une relation artistique ancienne entre David Cintract, Courchevel et le ski de haut niveau.

Depuis 2012, David imagine régulièrement les trophées des grandes compétitions organisées dans la station. Casques, bouteilles, sculptures et objets détournés ont progressivement créé une identité artistique reconnaissable autour des podiums de Courchevel.

Mais cette fois, la logique est différente.

Il ne s’agit pas de célébrer le vainqueur d’une course.

Il s’agit de raconter la carrière entière d’un homme.

Les lieux deviennent des souvenirs.

Les chiffres deviennent des traces.

Les médailles deviennent des images.

Et l’objet destiné autrefois à protéger le skieur devient celui qui conserve son histoire.

Offert par Courchevel à l’un de ses plus grands champions, ce casque est finalement autant un hommage qu’une archive.

Le ski de compétition s’arrête. L’histoire, elle, reste.

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