Mademoiselle Courchevel : quand une œuvre devient l’égérie d’une station

Depuis l’hiver 2012-2013, Courchevel 1850

Au printemps 2012, une rencontre entre David Cintract et Courchevel ouvre un nouveau chapitre dans le parcours de l’artiste. La station souhaite alors renforcer le dialogue qu’elle entretient déjà avec l’art contemporain et aller plus loin qu’une simple exposition saisonnière. David Cintract, qui avait déjà exposé l’hiver précédent sur les cabines des Verdons, est choisi comme invité exceptionnel de la saison 2012-2013. De cette collaboration va naître une œuvre appelée à dépasser largement le cadre d’une sculpture : Mademoiselle Courchevel.

Achevée à la mi-juin 2012, puis photographiée dans la foulée pour préparer la communication de la saison, l’œuvre devient officiellement la nouvelle égérie de Courchevel. L’exposition est programmée du 15 décembre 2012 au 27 avril 2013, pendant toute la saison d’hiver.

Une figure féminine pensée pour incarner Courchevel

Haute d’environ 2,50 mètres, Mademoiselle Courchevel prend la forme d’un grand mannequin féminin transformé par l’univers Pop Libre de David Cintract.

La silhouette est volontairement spectaculaire : posture assurée, casque sur la tête, couleurs vives, références à la culture populaire, détails précieux et détournements inattendus. Sur le corps apparaissent notamment des images issues de l’imaginaire collectif, dont Superman, tandis que les accessoires jouent sur le contraste entre glamour et irrévérence. Le dossier de presse de Courchevel de l’époque évoque ainsi un sac à main serti de diamants et un bâton de ski à tête de mort.

L’œuvre résume parfaitement cette manière qu’a David Cintract de faire cohabiter des univers qui, en apparence, ne devraient pas forcément se rencontrer : luxe et culture populaire, élégance et humour, enfance et séduction, art et objet du quotidien.

Mais Mademoiselle Courchevel n’est pas imaginée comme un simple mannequin décoré. Sa personnalité est construite pour faire écho à celle de la station : une femme moderne, libre, élégante, un peu provocante, sûre d’elle et directement liée à l’univers du ski.

Dans la presse de l’époque, la sculpture est décrite comme une jeune femme à la fois glamour, sexy, élégante et engagée, une image qui correspond à la volonté de Courchevel de faire dialoguer sport, art de vivre, luxe et création contemporaine.

De l’œuvre d’art à l’image de la station

C’est ici que la collaboration devient particulièrement originale.

Courchevel ne se contente pas d’exposer la sculpture : la station choisit d’intégrer son image directement à sa communication.

Durant l’hiver 2012-2013, Mademoiselle Courchevel est présente au cœur de La Croisette, où les visiteurs peuvent venir la découvrir et la photographier. Elle est également présentée dans différents lieux emblématiques de la station.

Plus de dix ans après sa création, l’œuvre est toujours conservée à Courchevel et demeure exposée au Club des Sports, au sein de l’INEOS Club House. Cette présence permanente prolonge de manière très concrète le lien entre David Cintract, la station et l’univers du ski de haut niveau.

Son visage et sa silhouette apparaissent également sur les brochures de Courchevel Tourisme, les dossiers de presse, les publicités, les sacs et même les forfaits de ski. La communication de la saison 2012-2013 prévoit aussi son utilisation sur le téléphérique de la Saulire, récemment rénové. La Société des 3 Vallées participe elle aussi à la diffusion de cette nouvelle identité visuelle.

Pour la quatrième édition de son exposition d’œuvres monumentales, Courchevel décide ainsi d’aller plus loin : il ne s’agit plus seulement d’accueillir une œuvre dans la station, mais de s’approprier un personnage artistique capable d’incarner la destination.

Adeline Roux, alors directrice de Courchevel Tourisme, explique ce choix par la proximité entre l’esprit de l’artiste et celui de la station : David Cintract aime les défis, la liberté créative et les projets qui repoussent les limites.

Une étape importante dans la stratégie artistique de Courchevel

Cette collaboration s’inscrit également dans une histoire plus large.

Depuis plusieurs années, Courchevel développe une véritable présence de l’art contemporain en altitude. Dès 2009, la station et la Galerie Bartoux lancent notamment L’Art au Sommet, exposition monumentale à ciel ouvert où les œuvres prennent place dans les villages, sur les pistes et aux abords des remontées mécaniques.

Des artistes de renommée internationale participent à cette volonté de faire de Courchevel un lieu où le ski, l’art de vivre et la création contemporaine peuvent se rencontrer.

Avec Mademoiselle Courchevel, une nouvelle étape est franchie : l’art n’est plus seulement présent dans la station, il devient une partie de son identité visuelle.

C’est ce qui distingue particulièrement ce projet. Une sculpture créée par un artiste contemporain devient à la fois une œuvre autonome, une présence dans l’espace public et un outil de communication capable d’incarner toute une destination.

La naissance d’une relation durable

L’importance de Mademoiselle Courchevel apparaît encore plus clairement avec le recul.

Ce projet marque le début d’une collaboration qui va se poursuivre pendant de nombreuses années entre David Cintract et Courchevel. Dès cette même période, une autre idée naît autour de la Coupe du monde de ski alpin : remplacer le trophée sportif traditionnel par un objet beaucoup plus singulier.

David imagine alors des casques transformés en véritables œuvres d’art, destinés aux championnes des épreuves de Coupe du monde organisées dans la station. Ces trophées uniques sont remis à Courchevel depuis 2012.

Le lien est direct avec Mademoiselle Courchevel. La sculpture porte elle-même un casque, symbole de vitesse et de protection, et cette idée devient bientôt le point de départ d’une nouvelle tradition artistique liée au ski de haut niveau.

Au fil des saisons, David Cintract créera de nouvelles séries de trophées, fera évoluer les techniques, les couleurs et les références, tout en conservant ce principe : faire de la récompense sportive une œuvre originale que le champion emporte avec lui.

Une œuvre devenue signature

Lorsqu’elle apparaît en 2012, Mademoiselle Courchevel devait accompagner les vacanciers pendant une saison.

Elle va finalement devenir beaucoup plus que cela.

Son image s’installe durablement dans la mémoire de la station, au point de devenir une véritable mascotte et une signature artistique de Courchevel dans le parcours de David Cintract.

Elle marque également un moment important dans son travail : celui où son univers Pop Libre quitte les seuls espaces d’exposition pour entrer pleinement dans l’identité d’un territoire.

Et contrairement à de nombreuses œuvres créées pour accompagner une campagne ou une saison particulière, Mademoiselle Courchevel est toujours là. Conservée et exposée au Club des Sports de Courchevel, au sein de l’INEOS Club House, elle continue aujourd’hui de témoigner de cette rencontre initiée en 2012.

Avec Mademoiselle Courchevel, David Cintract ne réalise donc pas seulement une sculpture de 2,50 mètres. Il crée un personnage capable de représenter une station entière, de passer de l’œuvre d’art au forfait de ski, de La Croisette aux brochures, puis de rester durablement présent au cœur même de Courchevel.

Une œuvre pensée pour une saison, devenue l’un des symboles durables de la rencontre entre Courchevel, le ski, l’art contemporain et l’univers de David Cintract.

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