12 Juin 2015 — Paris / Reportage CFPJ
En 2015, David Cintract devient le sujet d’un reportage réalisé par Laury Thilleman, Miss France 2011, alors engagée dans une nouvelle étape de son parcours professionnel : le journalisme.
Intitulé « Sur les traces du Pop Libre », le sujet est réalisé dans le cadre de sa formation au CFPJ, le Centre de formation et de perfectionnement des journalistes. Déjà présente à la télévision et notamment dans l’univers du sport, Laury Thilleman choisit ici de partir à la rencontre d’un artiste et de pénétrer directement dans son espace de création.
Loin d’une interview conventionnelle face caméra, le reportage emmène le spectateur dans l’atelier de David Cintract, au plus près de ses gestes, de ses matières et de ses œuvres, avant d’élargir le regard à leur présentation en galerie.
Laury Thilleman, de Miss France au journalisme
Élue Miss France 2011 à seulement 19 ans, Laury Thilleman construit rapidement un parcours qui dépasse le cadre du concours. Passionnée de sport, elle s’oriente vers la télévision et le reportage, tout en poursuivant ses études.
En 2015, lorsqu’elle réalise « Sur les traces du Pop Libre », elle est en formation journalistique au CFPJ. Le générique du film porte clairement la mention « 2015 – CFPJ », inscrivant ce portrait de David parmi ses travaux de formation au métier de journaliste.
Ce contexte donne une tonalité particulière à la rencontre. Laury ne vient pas simplement découvrir une exposition : elle cherche à comprendre qui se cache derrière le Pop Libre, comment naissent les œuvres et ce qui nourrit cet univers foisonnant.
Entrer dans l’atelier plutôt que simplement regarder les œuvres
Dès les premières images, le reportage plonge dans le monde de David.
L’artiste apparaît dans son atelier, entouré de mannequins, de sculptures, de pots de peinture et d’objets en cours de transformation. La caméra s’attarde sur les détails : un visage travaillé au pinceau, un casque recouvert de couleurs et de matières, une sculpture féminine, une Tour Eiffel détournée, des éléments collés ou assemblés à même les œuvres.
Cette proximité permet de montrer une dimension essentielle de son travail : chez David Cintract, la création ne se limite pas à la peinture sur toile.
Il peint, transforme, colle, assemble et détourne. Le mannequin, le casque, la sculpture ou l’objet deviennent eux-mêmes des supports artistiques.
Le reportage montre ainsi le Pop Libre dans son lieu de naissance, avant la galerie, avant l’accrochage et avant que l’œuvre ne devienne un objet achevé.
Le Pop Libre, une liberté avant d’être une étiquette
Le titre choisi par Laury Thilleman est particulièrement révélateur : « Sur les traces du Pop Libre ».
Le Pop Libre n’est pas présenté comme une technique ou une formule figée. Il traduit au contraire la volonté de David de pouvoir passer d’un médium à l’autre, d’une référence à une autre, d’un univers populaire à un symbole du luxe, sans s’imposer de frontière.
Dans les œuvres filmées, les images et les matières s’accumulent. Visages féminins, couleurs éclatantes, personnages issus de la culture populaire, objets familiers et signes contemporains viennent se superposer pour former un langage immédiatement identifiable.
Cette profusion n’est pas gratuite. Elle reflète aussi le monde dans lequel l’artiste évolue : un environnement saturé d’images, de désirs, de marques, d’informations et de souvenirs collectifs.
La liberté revendiquée par David consiste justement à pouvoir puiser partout, puis à recomposer ces éléments selon sa propre sensibilité.
Voir l’œuvre en train de naître
L’une des forces du film tient à ses images de travail.
David n’y est pas uniquement montré devant des pièces terminées. On le voit intervenir directement sur ses sculptures, reprendre un détail au pinceau, travailler une surface ou ajouter une matière.
La caméra passe ainsi du geste très précis de l’artiste à la vision globale d’une œuvre achevée.
Ce va-et-vient permet de comprendre qu’une création spectaculaire et extrêmement chargée visuellement résulte d’un travail minutieux, fait d’une multitude d’interventions successives.
Le Pop Libre apparaît alors moins comme une esthétique de l’accumulation que comme une construction permanente, dans laquelle chaque détail peut modifier la lecture de l’ensemble.
De l’atelier à la galerie
Le reportage change ensuite de décor pour rejoindre la Galerie Zberro à Paris, où intervient la galeriste Géraldine Zberro.
Cette séquence apporte un autre regard sur le travail de David.
Après avoir découvert l’artiste dans son atelier, le spectateur retrouve certaines de ses créations dans un espace d’exposition, au sein d’une programmation collective où elles côtoient les œuvres d’autres artistes contemporains.
La distinction est importante : la caméra ne filme pas une exposition exclusivement consacrée à David Cintract. Elle montre comment son univers prend place dans une galerie et dialogue avec d’autres écritures artistiques.
La présence de Géraldine Zberro apporte également le regard du galeriste, celui qui découvre les œuvres en dehors du processus de fabrication et accompagne leur rencontre avec le public.
Un artiste déjà habitué à sortir des cadres
En 2015, cette diversité des supports est déjà devenue une caractéristique forte du parcours de David.
Son travail ne se limite plus depuis longtemps aux murs d’une galerie. Sculptures monumentales, mannequins, objets détournés, casques et supports inattendus lui permettent de faire circuler son langage artistique bien au-delà de la toile traditionnelle.
Cette capacité à passer librement entre art contemporain, culture populaire, mode, luxe, peinture, sculpture et détournement d’objets contribue précisément à l’intérêt du sujet choisi par Laury Thilleman.
Un portrait devenu une archive du Pop Libre
Plus de dix ans après sa réalisation, « Sur les traces du Pop Libre » possède une valeur particulière.
Le film conserve un instant du parcours de David Cintract en 2015 : son atelier, ses œuvres en cours de création, ses sculptures, ses expérimentations et la manière dont son travail était alors présenté au public.
Il documente aussi une rencontre singulière avec Laury Thilleman, ancienne Miss France alors en pleine construction de sa carrière de journaliste.
Deux trajectoires se croisent ainsi devant la caméra : celle d’une personnalité qui cherche à affirmer son regard journalistique et celle d’un artiste qui revendique depuis toujours le droit de ne pas choisir entre les disciplines, les supports et les influences.
Le titre du reportage prend alors tout son sens.
Laury Thilleman ne cherche pas simplement à définir David Cintract. Elle suit les traces du Pop Libre, de l’atelier à la galerie, du geste de l’artiste à l’œuvre terminée.
Et derrière les couleurs, les sculptures et l’accumulation d’images, le film fait apparaître ce qui reste au cœur de son travail :
la liberté de créer sans se laisser enfermer dans une seule définition.