Chanel Bear : une œuvre de montagne pour un engagement fidèle auprès d’Ohr Torah

6 mai 2025, Hôtel de l’Industrie, Saint-Germain-des-Prés, Paris

Le mardi 6 mai 2025, David Cintract retrouve à Paris le comité de soutien de l’école Ohr Torah de Toulouse pour sa grande soirée annuelle de solidarité. L’événement se tient à partir de 18 h 30 à l’Hôtel de l’Industrie, 4 place Saint-Germain-des-Prés, dans le 6ᵉ arrondissement, avec un cocktail dînatoire avant le début de la vente aux enchères, fixé à 20 heures. La soirée est animée par Ariel Wizman et Fabien Bejean-Leibenson et, comme le précise l’invitation officielle, l’intégralité des dons collectés est reversée à l’école Ohr Torah.

David Cintract soutient cette initiative chaque année en offrant une œuvre originale. Pour l’édition 2025, son choix se porte sur Chanel Bear, une sculpture unique qui fait entrer son univers Pop Libre dans un territoire qu’il connaît particulièrement bien : celui de la montagne et du ski.

Un ours entre haute montagne et culture du luxe

Chanel Bear se présente comme un personnage prêt à prendre les pistes. Skis dressés contre le corps, bâton, masque de ski et bois de cerf composent une silhouette immédiatement liée à l’imaginaire alpin. Mais David Cintract détourne cette iconographie avec ses propres codes : surface brillante, contrastes de noir, de brun et de blanc, fleurs stylisées, étoiles, cœur et accumulation de détails.

Le résultat se situe volontairement à la frontière de plusieurs mondes. L’univers montagnard rencontre les références à la mode et au luxe, tandis que la silhouette presque ludique du bear apporte cette distance et cet humour caractéristiques du travail de David. Les motifs floraux et les clins d’œil visuels ne cherchent pas à reproduire un objet de mode : ils sont absorbés et réinterprétés dans le vocabulaire graphique de l’artiste.

Cette rencontre entre ski, élégance et culture populaire n’est d’ailleurs pas étrangère à son parcours. Courchevel et la montagne occupent depuis longtemps une place particulière dans son travail. Avec Chanel Bear, cet imaginaire familier change cependant de destination : l’œuvre n’est pas conçue pour une galerie ou une collection, mais pour être donnée et transformée en soutien concret à une école.

Une vente parisienne devenue un rendez-vous de fidélité

La soirée du 6 mai s’inscrit dans une mobilisation artistique qui existe depuis de nombreuses années autour d’Ohr Torah. Le principe est simple : des artistes contemporains offrent leurs œuvres, qui sont ensuite proposées lors de la vente parisienne afin de permettre à l’établissement de poursuivre son activité.

Dans un texte consacré à cette mobilisation, les artistes engagés auprès de l’école expliquent que cette vente se tient chaque année à l’Hôtel de l’Industrie à Paris, grâce au bureau parisien qui accompagne Ohr Torah. Ils résument la mission poursuivie par la famille Monsonego et les équipes de l’établissement en trois verbes : « enseigner, éduquer, transmettre ».

C’est précisément dans cette continuité que s’inscrit David Cintract. Son soutien n’est pas lié à une seule édition : année après année, une nouvelle création quitte l’atelier pour rejoindre la vente, installant une fidélité qui donne une profondeur supplémentaire au geste artistique.

Ohr Torah : transmettre malgré l’histoire

Ohr Torah est aujourd’hui un collège et lycée situé au 33 rue Jules-Dalou à Toulouse. L’établissement accompagne les élèves de la Sixième à la Terminale et met notamment en avant le suivi individualisé, la préparation à l’enseignement supérieur et une éducation construite autour de la rigueur, de la transmission et de l’accompagnement.

Son histoire reste cependant indissociable du 19 mars 2012.

Ce jour-là, l’établissement, qui porte encore le nom Ozar Hatorah, est la cible d’un attentat antisémite. Jonathan Sandler, rabbin et enseignant, ses deux fils Gabriel et Arieh, ainsi que Myriam Monsonego, fille du directeur de l’école, sont assassinés. Le ministère de l’Intérieur rappelle que les quatre victimes ont été tuées dans l’école parce qu’elles étaient juives.

Après le drame, l’école poursuit pourtant sa mission. Ce choix de continuer à enseigner et à accompagner les jeunes est au cœur de l’engagement de Yaffa et Yaacov Monsonego et de tous ceux qui, depuis, soutiennent l’établissement. La vente annuelle d’œuvres à Paris est devenue l’une des expressions de cette solidarité : faire vivre l’école, soutenir son avenir et permettre à la transmission de continuer.

Une œuvre offerte, un engagement qui dure

Dans ce contexte, Chanel Bear dépasse naturellement sa seule présence visuelle.

La sculpture conserve tout ce qui caractérise David Cintract : humour, détournement, références au luxe, culture populaire, énergie graphique et univers de la montagne. Mais le fait de l’offrir change sa fonction. Elle devient une pièce destinée à circuler, à être acquise, et surtout à contribuer financièrement à une mission éducative.

Cette participation régulière à la vente Ohr Torah raconte aussi quelque chose du parcours de David : un engagement qui ne se limite pas à répondre ponctuellement à une cause, mais qui se construit dans le temps.

En 2025, avec Chanel Bear, l’artiste choisit une nouvelle fois de mettre une œuvre entière au service de cette fidélité. Un bear chaussé pour la montagne, chargé de références et d’humour, qui quitte l’atelier avec une destination très concrète : aider une école à continuer d’enseigner, d’éduquer et de transmettre.

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