David Cintract dans les 10 ans de L’Art au Sommet : Courchevel célèbre une décennie de création en altitude

Hiver 2018-2019 — Patio de La Croisette et domaine skiable de Courchevel

À l’hiver 2018-2019, Courchevel célèbre les dix ans de L’Art au Sommet, cette aventure artistique née en 2009 de la rencontre entre la commune et les Galeries Bartoux. Pour marquer cet anniversaire, la station imagine une grande rétrospective photographique retraçant une décennie d’œuvres installées au cœur des villages, sur les pistes et jusque dans les infrastructures du domaine skiable. Le parcours réunit photographies, textes et souvenirs de ces installations parfois spectaculaires qui ont progressivement transformé Courchevel en véritable musée à ciel ouvert.

Présent dans cette histoire depuis 2012, David Cintract occupe une place particulière dans la rétrospective. Deux séquences lui sont notamment consacrées : l’une revient sur les casques artistiques créés pour les championnes de la Coupe du monde de ski alpin, l’autre sur Mademoiselle Courchevel, la sculpture devenue l’une des signatures visuelles de la station.

Dix ans d’art au milieu de la montagne

Lorsque Courchevel et les Galeries Bartoux lancent L’Art au Sommet en 2009, le pari est inhabituel : sortir les œuvres des espaces traditionnels et les installer directement dans un environnement de montagne.

Pour la première édition, des sculptures monumentales de Salvador Dalí prennent place dans la station et sur les sommets. L’expérience rencontre son public et devient progressivement un rendez-vous annuel. Dix ans plus tard, plusieurs générations d’artistes ont occupé les rues, les places, les gares de remontées mécaniques et les pistes de Courchevel.

La rétrospective de l’hiver 2018-2019 revient sur cette histoire à travers un ensemble de 28 panneaux photographiques. On y retrouve des figures majeures comme Dalí, Fernando Botero, Jean-Michel Folon, Giorgio de Chirico ou Arman, aux côtés d’artistes contemporains tels que Richard Orlinski, Julien Marinetti, Gianfranco Meggiato, JonOne, Noé Two ou L7Matrix.

Le Dauphiné Libéré confirme qu’une exposition rétrospective consacrée aux dix ans de L’Art au Sommet est présentée cet hiver-là dans le patio de La Croisette, tandis que les œuvres monumentales continuent parallèlement d’investir le domaine skiable.

David Cintract, entre Coupe du monde et Mademoiselle Courchevel

Dans cette mémoire collective, la contribution de David Cintract est racontée à travers deux projets devenus emblématiques de son histoire avec la station.

Le premier concerne la Coupe du monde féminine de ski alpin. L’un des panneaux montre David dans son atelier, travaillant directement sur un casque destiné aux championnes. La légende rappelle que la gagnante des épreuves de Courchevel a le privilège de recevoir un casque imaginé par l’artiste, transformant ainsi la récompense sportive en œuvre singulière.

Le second panneau est consacré à Mademoiselle Courchevel.

La sculpture féminine monumentale apparaît dans toute sa hauteur, installée sur son socle transparent. Le texte de la rétrospective rappelle que David Cintract est présent à Courchevel depuis 2012 et décrit Mademoiselle Courchevel comme une véritable icône mêlant féminité, sensibilité et caractère.

À travers ces deux images, la rétrospective résume finalement les deux grandes dimensions de sa relation avec Courchevel : la création d’une figure artistique destinée à incarner la station et l’invention de trophées contemporains liés au ski de haut niveau.

La montagne comme espace d’exposition

L’intérêt de L’Art au Sommet réside aussi dans les lieux choisis pour présenter les œuvres.

Au fil des saisons, les sculptures et interventions artistiques quittent les cimaises pour apparaître en bord de piste, au sommet des remontées, sur les télécabines, dans le téléphérique, dans les tunnels ou au cœur de La Croisette. La rétrospective rappelle précisément cette diversité de supports et cette volonté de surprendre un public qui ne s’attend pas nécessairement à rencontrer une œuvre contemporaine au cours d’une journée de ski.

Certaines œuvres sont même acheminées par hélicoptère afin d’être installées en altitude, donnant aux coulisses de l’exposition une dimension presque aussi spectaculaire que les pièces elles-mêmes.

La montagne cesse alors d’être un simple décor. La neige, la lumière, le relief ou la nuit modifient constamment la perception des créations. Un même objet peut sembler totalement différent selon la météo, l’heure ou le point de vue du skieur.

C’est cette relation entre art et environnement qui fait toute la singularité du projet.

Un musée sans portes, accessible aux skieurs comme aux enfants

Dès ses premières éditions, L’Art au Sommet poursuit également une ambition simple : rendre l’art accessible au plus grand nombre.

Les vacanciers découvrent les œuvres librement au cours de leurs déplacements, tandis que les enfants des écoles de la vallée bénéficient de visites accompagnées. La Fondation Facim intervient notamment avec des médiateurs culturels afin de donner aux plus jeunes des clés pour observer, toucher, comprendre et interpréter les œuvres exposées.

Lors de la saison 2018-2019, cette politique de médiation prend une ampleur particulière : 427 élèves visitent l’exposition entre février et avril 2019, un chiffre présenté par la commune comme inédit en Tarentaise pour une station de sports d’hiver autour de l’art contemporain.

Cette dimension explique aussi pourquoi les projets de David Cintract trouvent naturellement leur place dans l’histoire de L’Art au Sommet. Son travail est immédiatement visuel, coloré, accessible au premier regard, tout en offrant plusieurs niveaux de lecture. Un casque de ski, un mannequin ou un objet familier devient un point d’entrée vers l’art contemporain.

Une décennie qui inscrit David Cintract dans la mémoire de Courchevel

La rétrospective de 2018-2019 ne constitue donc pas une exposition personnelle de David Cintract.

Elle est plus intéressante encore dans son parcours : elle inscrit officiellement son travail dans les dix premières années de l’histoire artistique de Courchevel, aux côtés de grands noms de l’art moderne, du street art et de la sculpture contemporaine.

À travers les photographies de Mademoiselle Courchevel et des trophées de Coupe du monde, les visiteurs redécouvrent des créations qui ne sont plus seulement considérées comme des événements ponctuels, mais comme des éléments de la mémoire visuelle de la station.

Dix ans après la naissance de L’Art au Sommet et six ans après le début de sa propre histoire avec Courchevel, David Cintract apparaît ainsi comme l’un des artistes ayant participé à cette idée singulière : faire de la montagne non plus seulement un paysage à contempler, mais un territoire où l’art peut surgir partout.

Une exposition anniversaire où les photographies deviennent à leur tour des archives, conservant la mémoire de ces œuvres qui, pendant une décennie, ont fait dialoguer création contemporaine, ski et sommets alpins.

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